Par Hamidou TRAORE
Le Professeur Séni Mahammadou Ouédraogo, ancien ministre de la Fonction publique, a livré un cours magistral de haute tenue à l’occasion de l’ouverture des travaux du séminaire scientifique du Groupe de Recherche sur l’Administration, les Institutions et le Fonctionnement de l’État (GRAIFE), ce mardi 6 janvier 2026 à Ouagadougou.
Devant un auditoire d’environ une centaine d’universitaires venus du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Gabon, du Tchad et du Burkina Faso, l’éminent juriste a animé la conférence inaugurale placée sous le thème : « Les grandes théories de formation de l’État ». Une communication ambitieuse, dont l’objectif affiché était de dépasser les « connaissances approximatives » souvent associées à la notion d’État, en proposant une lecture rigoureuse, transversale et approfondie.
Dans une démarche intellectuelle résolument large, le Professeur Ouédraogo a exploré l’État sous ses multiples facettes : sa naissance, son fonctionnement, ses mutations, sa disparition éventuelle, sa résurrection, mais aussi ses relations avec les autres États. Pour éclairer ces questionnements, il a mobilisé les principales théories explicatives issues des traditions philosophiques, politiques et religieuses.
Aristote, John Locke, Max Weber, Nicolas Machiavel ou encore Olivier Beaud ont ainsi été convoqués pour nourrir la réflexion, aux côtés des approches religieuses catholique, juive et musulmane, qui proposent elles aussi des grilles de lecture sur l’origine et la légitimité du pouvoir étatique.
En un peu plus d’une heure, l’orateur a su parcourir avec maestria les notions clés qui structurent l’État : pouvoir, puissance, finances publiques, gouvernance, mais également le rôle croissant des acteurs non étatiques, entreprises privées, organisations citoyennes et autres forces sociales, dans le fonctionnement contemporain de l’appareil étatique.
Ce séminaire scientifique, qui réunit des juristes de tous grades, professeurs agrégés, titulaires, maîtres-assistants, docteurs, doctorants et aspirants au doctorat, poursuit plusieurs objectifs. Il vise notamment à préparer une partie des participants au concours d’agrégation du CAMES (Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur), à évaluer l’état d’avancement des travaux de recherche des autres et à leur offrir des orientations méthodologiques. À cela s’ajoute une formation générale destinée à renforcer les capacités académiques de l’ensemble des participants, dans un esprit de partage et d’excellence scientifique.
Hamidou TRAORE
