Près de 1 500 chercheurs ont disparu des rangs du bureau scientifique de l’Environmental Protection Agency (EPA). Licenciements, mutations forcées ou départs contraints : selon une enquête du The New York Times, c’est tout un pan de l’expertise environnementale américaine qui a été méthodiquement démantelé.
Les 125 scientifiques encore en poste se retrouvent désormais face à un ultimatum : accepter une réaffectation d’ici le 1er mai ou quitter l’agence. Une pression qui achève de fragiliser une communauté déjà largement décimée.
Biologistes, chimistes, toxicologues : ces spécialistes avaient en commun de produire des travaux souvent gênants pour le pouvoir politique. Leurs recherches mettaient en évidence la nécessité de renforcer les normes sur la pollution de l’air, les substances chimiques dangereuses ou encore les émissions industrielles. Des travaux qui, au fil des années, ont contribué à prévenir des centaines de milliers de maladies et de décès prématurés.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, cette dynamique s’est dramatiquement effritée. Certains programmes ont été réduits à néant. En Caroline du Nord, un laboratoire étudiant les effets des polluants atmosphériques sur la santé humaine a fermé ses portes. Une équipe de toxicologues, spécialisée dans l’impact des substances chimiques sur la reproduction, a été dissoute. D’autres recherches, notamment sur les conséquences sanitaires du changement climatique, comme le lien entre chaleur extrême et troubles cognitifs, ont tout simplement été abandonnées.
Derrière ces décisions, c’est une transformation profonde du rôle de la science dans la décision publique qui se dessine. Moins visible que des réformes spectaculaires, cette érosion progressive des capacités de recherche pourrait pourtant avoir des effets durables, et difficiles à inverser.
