© IFRC/Vladimir Filonov Les usines alimentées par des combustibles fossiles contribuent au changement climatique.
Par Hamidou TRAORE
L’alerte est nette et sans appel. L’Europe se réchauffe à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale, selon un nouveau rapport publié mercredi par l’Organisation météorologique mondiale et l’observatoire Copernicus. Incendies records, sécheresses persistantes, vagues de chaleur extrêmes : le continent encaisse de plein fouet les effets du dérèglement climatique.
En 2025, près de 95 % du territoire européen a enregistré des températures annuelles au-dessus des normales. L’année a été marquée par la deuxième vague de chaleur la plus intense jamais observée. « Depuis les années 1980, l’Europe s’est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale », souligne le rapport.
Canicules hors norme, du sud au cercle arctique
Au nord, la Fennoscandie, qui regroupe la Finlande, la Suède et la Norvège, a subi un épisode caniculaire inédit : trois semaines de chaleur sous le cercle arctique, avec des pics frôlant les 35 °C en juillet. Plus au sud, certaines régions d’Espagne ont cumulé jusqu’à 50 jours supplémentaires de stress thermique intense, avec des températures ressenties dépassant les 32 °C.

© WMO L’accélération de la fonte des glaciers risque de déclencher une avalanche d’effets en cascade sur les économies, les écosystèmes et les communautés.
Glaciers en recul, neige en disparition
Ces épisodes extrêmes accélèrent la transformation des paysages. Les glaciers fondent à un rythme soutenu, enregistrant en 2025 une perte de masse nette. En Islande, la fonte a atteint son deuxième niveau le plus élevé depuis le début des mesures.
La neige recule elle aussi de manière spectaculaire. En mars 2025, la surface enneigée en Europe affichait un déficit de 31 %, soit une perte équivalente à la superficie combinée de plusieurs grands pays européens. Parallèlement, 90 % du continent a connu moins de jours de froid intense que la normale.
Rivières à sec, mers en surchauffe
Les conséquences hydrologiques sont tout aussi préoccupantes. Environ 70 % des cours d’eau ont affiché des débits inférieurs à la moyenne, tandis que les sols figurent parmi les plus secs observés depuis plus de trois décennies. Les océans n’échappent pas à cette surchauffe : 86 % des zones maritimes ont connu au moins un épisode de chaleur extrême.
Biodiversité fragilisée, incendies incontrôlables
La biodiversité est en première ligne. En Méditerranée, les prairies sous-marines, essentielles à l’équilibre des écosystèmes côtiers, souffrent particulièrement de l’élévation des températures.
Autre symptôme alarmant : les incendies. Alimentés par la sécheresse et la chaleur, ils ont ravagé plus d’un million d’hectares en 2025, une superficie supérieure à celle de Chypre.
Une lueur dans la transition énergétique
Dans ce tableau sombre, un signal encourageant émerge toutefois. Les énergies renouvelables continuent leur progression : pour la troisième année consécutive, elles ont dépassé les énergies fossiles dans la production d’électricité, atteignant 46,4 %. Le solaire, lui, bat un nouveau record avec 12,5 % de contribution.
Un contraste saisissant, entre urgence climatique et transition énergétique encore en course contre la montre.
