Docteur Boubacar Barry appelle les dirigeants africains à plus de volonté pour l'effectivité de l'accès à l'eau
La sécurité alimentaire dépend largement de la disponibilité d’une eau en quantité et en qualité. C’est en substance, cette interdépendance que le docteur Boubacar Barry, un docte du secteur de l’eau et tout ce qui s’y agglutine, a clairement mis en évidence. C’était ce vendredi 19 août 2022 à Dakar, à l’occasion de la formation de journalistes africains sur les enjeux de l’eau tenue du 14 au 19 août 2022.
« Sécurité de l’eau pour la sécurité alimentaire : Lacunes, besoins et potentiels de croissance en Afrique sub-Saharienne ». C’est le thème qui a balisé l’analyse du docteur Boubacar Barry. L’homme a plus de 40 ans d’expérience dans le domaine de l’eau et toutes les activités qui en dépendantes notamment l’agriculture. Il a pratiquement sillonné tous les pays africains. C’est donc un homme averti que les participants (en présentiels ou en mode virtuel) de l’atelier ont eu droit pour renforcer leur capacité sur le rôle de l’eau « incontournable » de l’eau pour garantir d’autres secteurs aussi vitaux comme la production alimentaire. Au fond, dans un contexte de crise alimentaire, attribuée (à tort à raison) à la guerre en Ukraine, la communication du docteur Boubacar Barry a eu le mérite de retentir comme une expertise montrant la voie pour parvenir à une auto-suffisance alimentaire en Afrique, en s’appuyant sur les ressources en eau.

« On peut produire sans sol, mais on ne peut pas produire sans eau ».
L’expert en ressource en eau ne cessait de marteler que la disponibilité de l’eau est le socle de la productivité alimentaire. « On peut produire sans sol, mais on ne peut pas produire sans eau » affirme Docteur Barry. Il précise même que « l’on a besoin de beaucoup plus d’eau pour la production agricole que pour les usages domestiques ». A titre illustratif, docteur Barry signale que le besoin de boisson par jour oscille entre 2 et 5 litres ; les usages domestiques quotidien entre 20 et 500 litres. Par contre la production d’un kilogramme de céréales nécessite 500 à 3000 litres. Ces illustrations lui permettront de consacrer une part de choix à l’irrigation en Afrique. Pour le docteur, l’irrigation est un « art » auquel il faille « former » les agriculteurs africains aux fins, d’une part leur permettre de mieux utiliser l’eau et d’autre pour obtenir un très bon rendement. Il rappelle que l’irrigation utilise la plus grande part de la ressource en eau. Cette part est estimé à 70% dans le monde et 86% en Afrique. Malgré ce pourcentage, docteur Barry indique que « seulement 4% des terres cultivables en Afrique subsaharienne sont irriguées avec à peine 2% des ressources disponibles ». Il ajoute également que « 18% pourcent des superficies équipées pour l’irrigation ne sont pas utilisées ».
Comme un appel aux chefs d’Etats africains, docteur Barry a insisté pour dire que dire que l’irrigation « est une pratique précieuse » qui induit immanquablement « la sécurité alimentaire à des prix abordables », « fourni un moyen et une voie pour le développement rural et économique ».
Espérons que cette expertise facilitée par l’association Africa 21 sera entendue au plus haut sommet des Etats africains, et entrainera des actions fortes à même d’assurer une sécurité alimentaire à leurs populations.
Hamidou TRAORE
