Par Hamidou TRAORE, tr.hamidou@gmail.com
Face à une chute alarmante du niveau d’eau du barrage de Loumbila, les autorités régionales ont décidé de suspendre immédiatement tous les prélèvements non prioritaires. Avec des réserves désormais inférieures à 15 % de la capacité normale de la retenue, l’heure est à la gestion d’urgence pour préserver l’accès à l’eau potable et sauver l’essentiel.
Une décision d’urgence face à l’assèchement du barrage
Le barrage de Loumbila est entré dans une phase critique. Dans un communiqué administratif signé le 18 mai 2026, la Gouverneure de la région de l’Oubri, Sy Assétou Barry/Traoré, a annoncé la suspension immédiate de tout prélèvement d’eau brute sur le site jusqu’à nouvel ordre.
Cette mesure exceptionnelle fait suite à un rapport alarmant de l’Agence de l’Eau du Nakanbé (AEN), révélant que les réserves de la retenue sont tombées à moins de 15 % de leur volume nominal. Une situation jugée préoccupante par les autorités, qui redoutent un épuisement rapide de cette ressource stratégique.
Depuis le gouvernorat de Ziniaré, le ton est grave. Les autorités régionales évoquent une menace directe sur la pérennité de l’ouvrage et sur les besoins essentiels des populations. Pour justifier cette décision, la Gouverneure s’appuie sur les dispositions du décret de 2005 encadrant les interventions de l’État en période de pénurie d’eau.
L’eau potable et le bétail érigés en priorités absolues
Malgré la suspension générale, certaines activités restent autorisées afin d’assurer les besoins vitaux. Le communiqué précise que seuls deux usages demeurent exceptionnellement tolérés.
Il s’agit, d’une part, des prélèvements effectués par l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) pour l’alimentation en eau potable des populations. D’autre part, l’abreuvement du bétail reste maintenu, en raison de son importance pour les éleveurs et l’économie locale.
Tous les autres usages, notamment les activités maraîchères et les prélèvements à des fins agricoles ou commerciales, sont désormais suspendus.

Un appel au civisme pour éviter le pire
Consciente des conséquences économiques et sociales d’une telle mesure, Sy Assétou Barry/Traoré appelle les populations au sens des responsabilités et au civisme. Pour les autorités, la préservation des dernières réserves disponibles relève désormais d’un impératif collectif.
Le communiqué insiste également sur le caractère contraignant de cette décision. Tout contrevenant s’expose à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
À Loumbila, l’inquiétude grandit au rythme de la baisse des eaux. Dans l’attente des premières pluies, habitants et autorités scrutent désormais le ciel avec espoir, conscients que le barrage traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente.
