Par Hamidou TRAORE, tr.hamidou@gmail.com
A l’occasion de la 36ᵉ Journée de l’enfant africain, célébrée le 16 juin 2026, le gouvernement burkinabè et l’UNICEF ont lancé un appel fort en faveur d’un accès équitable à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et humanitaires, les deux institutions rappellent que l’eau potable demeure un droit fondamental dont sont encore privés de nombreux enfants.
Du souvenir de Soweto à la défense des droits de l’enfant
Le 16 juin reste une date symbolique pour l’Afrique. Elle renvoie au soulèvement des élèves de Soweto, en Afrique du Sud, en 1976, violemment réprimé alors que ces jeunes réclamaient une éducation plus juste sous le régime de l’apartheid. Pour honorer leur mémoire, l’Union africaine célèbre depuis 1991 la Journée de l’enfant africain. Cette commémoration est devenue un rendez-vous annuel consacré à la promotion et à la protection des droits des enfants sur le continent. Au Burkina Faso, cette journée se veut un moment de réflexion et de mobilisation autour des défis auxquels sont confrontés les plus jeunes.
L’eau et l’assainissement au cœur de l’édition 2026
Cette année, la célébration est placée sous le thème : « Accès équitable à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène : un droit fondamental pour chaque enfant ». Pour la ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, et la représentante de l’UNICEF au Burkina Faso, Dr Chantal Umutoni, ce thème rappelle une réalité incontournable : l’accès à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires adaptées conditionne la santé, la dignité et l’avenir des enfants. « Aucun enfant ne devrait être privé d’eau potable. « Aucune école ne devrait fonctionner sans dispositifs d’hygiène adaptés », soulignent-elles dans une déclaration conjointe. Les deux responsables insistent également sur la situation des jeunes filles, souvent contraintes d’interrompre leur scolarité faute d’installations sanitaires adéquates.
Des défis amplifiés par la crise humanitaire
Au Burkina Faso, les besoins restent immenses. Le retour progressif des populations déplacées dans certaines localités s’accompagne de nombreux défis liés à la reconstruction des services sociaux de base. L’absence d’eau potable et de sanitaires sécurisés favorise la propagation des maladies, fragilise la fréquentation scolaire et porte atteinte à la dignité des enfants, particulièrement dans les zones les plus vulnérables.
Les enfants déplacés internes, les orphelins, les enfants vivant avec un handicap ou encore ceux confrontés à la précarité figurent parmi les plus exposés à ces difficultés.
Un engagement collectif pour un environnement sain
Face à cette situation, le gouvernement burkinabè, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des acteurs communautaires, poursuit la mise en œuvre de programmes destinés à améliorer l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement. Ces interventions combinent la réalisation d’infrastructures, la promotion des bonnes pratiques d’hygiène et le renforcement des capacités des communautés afin d’offrir aux enfants un cadre de vie plus sûr et plus sain.
Un appel à la mobilisation de tous les acteurs
Les autorités et l’UNICEF invitent chaque composante de la société à jouer pleinement son rôle. Les parents sont appelés à transmettre aux enfants les bonnes pratiques d’hygiène ainsi que les valeurs de responsabilité et de citoyenneté. Les collectivités territoriales sont encouragées à placer la protection de l’enfance au cœur de leurs priorités. Les entreprises et les personnes de bonne volonté sont invitées à soutenir les initiatives favorisant l’accès à l’eau et à l’assainissement. Quant aux adolescents et aux jeunes, ils sont exhortés à devenir de véritables ambassadeurs de l’hygiène, de la citoyenneté et de la préservation de l’environnement.
Faire de chaque enfant une priorité nationale
À l’occasion de cette 36e Journée de l’enfant africain, le gouvernement burkinabè et l’UNICEF réaffirment leur engagement à œuvrer pour que chaque enfant, où qu’il vive sur le territoire national, bénéficie d’un accès à l’eau potable, à un environnement sain et à une protection effective contre toutes les formes de violence. Au-delà de la commémoration, le message est clair : garantir l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène n’est pas seulement un enjeu de développement. C’est une condition essentielle pour préserver la vie, la dignité et l’avenir des enfants du Burkina Faso et de toute l’Afrique.
