Le 28 avril, les eurodéputés ont franchi une étape majeure dans la protection animale en adoptant une loi visant à interdire l’élevage de chiens et de chats dits « hypertypes ». Derrière ce terme, des pratiques de sélection génétique poussées à l’extrême pour obtenir des caractéristiques physiques exagérées, museaux écrasés, crânes déformés ou corps disproportionnés, souvent au détriment de la santé des animaux.
Jusqu’ici, certaines races emblématiques payaient le prix de cette quête esthétique : bergers allemands sujets à des paralysies des hanches, chats persans souffrant de graves troubles respiratoires, ou encore teckels fragilisés par des douleurs dorsales chroniques. Désormais, ces dérives sont dans le viseur de l’Union européenne, qui entend mettre fin à des pratiques assimilées par de nombreux vétérinaires à des « maltraitances programmées ».
Pour les professionnels de santé animale, cette décision marque une avancée importante. « Beaucoup de races ont été poussées à l’extrême », alertent-ils depuis des années, pointant des animaux incapables de respirer correctement ou de se reproduire naturellement sans intervention chirurgicale.
Le texte prévoit également d’autres mesures, comme une meilleure traçabilité des animaux, l’interdiction de croisements consanguins et la fin de certaines mutilations à des fins esthétiques ou compétitives. Un encadrement renforcé, alors que le marché des animaux de compagnie représente plus d’un milliard d’euros par an en Europe.
Mais certains experts restent prudents. Si la loi envoie un signal fort, son application pourrait se heurter à la réalité du terrain. « Tant qu’il y aura de la demande, ces pratiques continueront », avertissent-ils, plaidant pour davantage de sensibilisation auprès du grand public.
Le texte doit encore être validé par le Conseil européen avant son entrée en vigueur. Une chose est sûre : le débat est lancé, et il pourrait transformer durablement le rapport de l’homme à l’élevage et au bien-être animal.
