UNICEF/Mark Naftalin Des élèves d'une école à Honiara, dans les îles Salomon, déjeunent à l'école (photo d'archives).
Face à la montée inquiétante de l’obésité infantile et à la persistance de la sous-nutrition, l’Organisation mondiale de la Santé tire la sonnette d’alarme. Dans de nouvelles orientations, l’OMS appelle les États à transformer les écoles en véritables espaces de promotion d’une alimentation saine.
Pour la première fois, l’organisation recommande aux pays d’adopter une approche globale à l’échelle de l’établissement scolaire. L’objectif : s’assurer que tous les aliments et boissons proposés dans les écoles, des cantines aux kiosques, soient sains, nutritifs et favorables au développement des enfants.
L’obésité infantile en forte progression
La malnutrition prend aujourd’hui deux visages : la sous-alimentation, toujours présente dans plusieurs régions du monde, et l’obésité, en hausse rapide chez les jeunes.
En 2025, près d’un enfant ou adolescent d’âge scolaire sur dix, soit 188 millions, vivait avec l’obésité à travers le monde. Un chiffre alarmant qui dépasse pour la première fois celui des enfants souffrant d’insuffisance pondérale.
« L’alimentation des enfants à l’école et l’environnement qui influence leurs choix peuvent avoir un impact profond sur leur apprentissage et leur santé tout au long de leur vie », souligne Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de Organisation mondiale de la Santé.
« Une bonne nutrition à l’école est essentielle pour prévenir les maladies plus tard et construire une génération d’adultes en meilleure santé », ajoute-t-il.
L’école, un lieu clé pour changer les habitudes
Les habitudes alimentaires se construisent très tôt. Or, les enfants passent une grande partie de leur journée à l’école, ce qui en fait un levier stratégique pour façonner des comportements alimentaires durables et réduire les inégalités en matière de santé.
Aujourd’hui, environ 466 millions d’enfants bénéficient de programmes de repas scolaires dans le monde. Pourtant, les données sur la qualité nutritionnelle de ces repas restent encore insuffisantes.
Miser sur des choix alimentaires plus sains
Dans ses recommandations, l’OMS invite les écoles à mettre en place des normes nutritionnelles claires afin d’augmenter la disponibilité d’aliments sains et de limiter les produits riches en sucre, en sel ou en graisses saturées.
L’organisation encourage également la mise en place d’actions incitatives pour guider les élèves vers de meilleurs choix alimentaires : affichage pédagogique, menus équilibrés ou encore limitation des produits ultra-transformés.
Mais l’OMS insiste : les politiques seules ne suffisent pas. Des mécanismes de suivi et de contrôle sont indispensables pour garantir l’application réelle de ces mesures dans les établissements scolaires.
Selon les données de l’organisation, 104 États membres disposaient déjà, en octobre 2025, de politiques en faveur d’une alimentation scolaire saine. Près des trois quarts incluent des critères obligatoires pour encadrer la composition des repas. En revanche, seuls 48 pays ont adopté des règles pour limiter la commercialisation des aliments riches en sucre, en sel ou en graisses saturées auprès des enfants.
