AIEA/Dean Calma Les maladies non transmissibles – cancers, diabète, maladies cardiovasculaires, affections respiratoires – et les troubles de la santé mentale tuent pourtant davantage que toutes les guerres réunies.
Par Hamidou TRAORE, tr.hamidou@gmail.com
Cancers, diabète, dépression : ces fléaux tuent plus que toutes les guerres réunies. Longtemps ignorés, ils sont désormais dans le viseur des Nations Unies. À New York, la 80ème Assemblée générale vient d’adopter un plan de bataille historique, chiffré et sans précédent.
L’heure du réveil face à l’invisible
Elles s’étaient fondues dans le décor de nos vies modernes jusqu’à devenir invisibles. Pourtant, les maladies non transmissibles (MNT) et les troubles mentaux sont une hécatombe mondiale. Ce mois-ci, les dirigeants du monde ont brisé le silence. Sous l’égide de l’ONU, une déclaration politique « historique » lie désormais officiellement la santé physique et mentale à des objectifs de résultats concrets d’ici 2030.
L’enjeu n’est plus seulement médical : il est sociétal. Ces pathologies ne sont plus traitées comme des fatalités, mais comme des saboteurs de l’économie mondiale et de la cohésion sociale.
18 millions de morts : le prix de l’inaction
Le constat de l’OMS est glaçant : chaque année, 18 millions de personnes meurent prématurément de causes évitables. Tabac, alcool, malbouffe et pollution forment un cocktail toxique qui ronge aussi bien le corps que l’esprit. Plus d’un milliard d’individus souffrent de troubles mentaux, souvent dans l’indifférence des politiques publiques.
« Nous pouvons infléchir cette trajectoire et offrir des perspectives à tous », a martelé Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de l’OMS, saluant l’audace de ce nouvel engagement.
L’offensive des « 150 millions »
Fini les vagues promesses. La rupture majeure de ce texte réside dans son caractère comptable. Pour 2030, les États s’engagent sur le « triple 150 » :
- 150 millions de fumeurs en moins.
- 150 millions de personnes traitées pour leur hypertension.
- 150 millions de patients accédant enfin à des soins de santé mentale.
Pour y parvenir, la stratégie est frontale : régulation stricte du marketing alimentaire ciblant les enfants, guerre contre les acides gras trans, étiquetage nutritionnel obligatoire et encadrement des cigarettes électroniques.

Les nouveaux fronts : écrans et pollution
L’ONU élargit son spectre. Pour la première fois, la diplomatie sanitaire s’attaque aux angles morts : maladies rares, cancers pédiatriques, mais aussi les dangers du numérique. Surexposition aux écrans, réseaux sociaux et désinformation sont désormais officiellement reconnus comme des risques majeurs pour le bien-être des populations.
Le défi du portefeuille
Le texte ne cache pas la dure réalité : le financement est le nerf de cette guerre. Entre ralentissement économique et budgets sous pression, l’ONU appelle à sécuriser des ressources « durables ».
Désormais, le Secrétaire général des Nations Unies devra rendre des comptes. Ce plan n’est pas une simple recommandation, c’est une feuille de route vers la justice sociale. Pour les millions de malades de l’ombre, le temps du constat est terminé. Celui de l’action commence.
Hamidou TRAORE
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