OMS/Quinn Mattingly La menace de la résistance aux antimicrobiens s'accroît.
Par Hamidou TRAORE
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme ce mercredi 19 novembre 2025 : la gonorrhée, l’une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues au monde, devient rapidement résistante aux antibiotiques.
Selon les nouvelles données du programme mondial de surveillance EGASP, la situation s’est nettement aggravée entre 2022 et 2024. Les deux antibiotiques les plus utilisés pour traiter la maladie, ceftriaxone et céfixime, montrent une hausse inquiétante de résistance :
🔸 de 0,8 % à 5 % pour la ceftriaxone
🔸 de 1,7 % à 11 % pour la céfixime
Pendant ce temps, la résistance à la ciprofloxacine explose littéralement pour atteindre… 95 %. Les taux les plus élevés sont signalés au Cambodge et au Vietnam.
« Cet effort mondial est essentiel pour protéger la santé publique », prévient la Dre Tereza Kasaeva, directrice du département VIH et IST de l’OMS.
Elle appelle tous les pays à renforcer leurs programmes de surveillance et de prévention des IST.
Une propagation mondiale documentée dans 12 pays
En 2024, 3 615 cas de gonorrhée ont été confirmés dans 12 pays :
Brésil, Cambodge, Inde, Indonésie, Malawi, Philippines, Qatar, Afrique du Sud, Suède, Thaïlande, Ouganda et Vietnam.
Les chiffres montrent une nette concentration dans la région du Pacifique occidental, où plus de la moitié des cas symptomatiques chez les hommes ont été recensés :
- Philippines : 28 %
- Vietnam : 12 %
- Cambodge : 9 %
- Indonésie : 3 %
L’âge médian des patients est de 27 ans, mais les cas vont de 12 à 94 ans. Parmi les personnes concernées :
- 20 % sont des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes
- 42 % ont eu plusieurs partenaires dans les 30 derniers jours
- 8 % avaient récemment pris des antibiotiques
- 19 % avaient voyagé récemment
Nouveaux traitements et avancées scientifiques
L’OMS a accéléré en 2024 le séquençage génomique des souches de gonorrhée : près de 3 000 échantillons analysés.
Des études prometteuses sur de nouveaux médicaments, comme la zoliflodacine ou la gépotidacine sont en cours en Suède, en partenariat avec l’OMS.
Ces recherches ouvrent la voie à de nouvelles stratégies, notamment la prévention basée sur la doxycycline (DoxyPEP).
Un avertissement qui tombe au cœur de la Semaine mondiale contre la résistance aux antimicrobiens
Pour l’OMS, le message est clair :
➡️ il faut renforcer la surveillance,
➡️ améliorer les diagnostics,
➡️ et garantir un accès équitable aux nouveaux traitements.
Un appel urgent alors que les infections résistantes aux médicaments menacent désormais la santé mondiale.
Hamidou TRAORE
