UN News Deux enfants, Zain et Jude, de la famille Al-Anqar, présentant des blessures visibles causées par l'explosion d'un engin de guerre suspect à Gaza.
Par Hamidou TRAORE, tr.hamidou@gmail.com
À Gaza, les bombes ont relativement cessé de tomber… mais leurs effets, eux, continuent de frapper les enfants. Deux ans de guerre ont bouleversé une génération entière, comme le révèle un nouveau rapport des agences de l’ONU.
Les chiffres donnent le vertige :
• 93 % des enfants sont devenus agressifs
• 90 % exercent des violences contre d’autres enfants
• 86 % s’enferment dans le silence ou la tristesse
• 79 % dorment mal
• 69 % refusent d’aller à l’école
Bombardements, faim, déplacements répétés, écoles détruites : le quotidien s’est effondré, et avec lui la stabilité psychologique des plus jeunes.
« Ils auront besoin d’un soutien durable et à long terme », alerte l’ONU.
Des adultes dépassés, des enfants sans abri émotionnel
Les parents et les proches le disent : ils ne savent plus comment accompagner leurs enfants. Les filles et les enfants handicapés sont les plus exposés, souvent confrontés à la violence, à la négligence et à des conditions dangereuses dans les abris surpeuplés.
Sur le terrain, les humanitaires constatent une anxiété permanente, des crises de comportement et un manque total d’endroits où les enfants peuvent se sentir en sécurité.
Le soutien psychologique, une urgence absolue
Depuis le cessez-le-feu, plus de 132 000 enfants ont reçu une aide psychologique ou des activités pour soulager leur stress. Mais près d’un million d’entre eux auraient aujourd’hui besoin d’un soutien régulier.
Les équipes tentent de renforcer les programmes, mais le besoin dépasse largement les moyens.
L’école, un refuge fragile mais vital
Alors que la majorité des écoles est détruite ou transformée en abris, seulement 303 espaces d’apprentissage temporaires ont pu rouvrir.
Résultat : un quart seulement des enfants peut retourner en classe.
Plus de 4 300 enseignants tentent pourtant d’assurer le suivi de 154 000 élèves, tandis que l’UNRWA donne des cours en ligne à près de 300 000 enfants.
Reconstruire Gaza, c’est d’abord reconstruire son enfance
Le rapport le confirme : les traumatismes dureront bien plus longtemps que la guerre.
La véritable reconstruction ne se jouera pas uniquement dans les ruines des écoles et des hôpitaux, mais dans la lente guérison d’enfants qui grandissent avec la peur, le deuil et l’absence de repères.
Hamidou TRAORE
