WMO/Felipe Molina La fonte des glaces s'accélère en Antarctique en raison de l'augmentation des températures.
Par Hamidou TRAORE
La planète poursuit sa course vers des records de chaleur toujours plus alarmants. En dépit de la présence en 2025 d’un phénomène climatique naturel généralement associé à un léger refroidissement global, l’année figure parmi les trois plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle mondiale.
Ces nouveaux constats scientifiques, publiés mercredi 14 janvier 2026, par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), confirment une tendance désormais bien établie : une décennie entière de températures extrêmes, alimentée par l’accumulation continue des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Selon l’agence onusienne, un épisode de type La Niña, connu pour atténuer temporairement le réchauffement planétaire, a bien été observé au début et à la fin de l’année. Mais son impact est resté largement insuffisant pour enrayer la dynamique du réchauffement d’origine humaine.
« L’année 2025 a commencé et s’est achevée sous l’influence d’un refroidissement lié à La Niña. Elle n’en demeure pas moins l’une des plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle mondiale, en raison de l’accumulation persistante des gaz à effet de serre dans notre atmosphère », a souligné Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, dans un communiqué.
Un seuil de 1,5 °C dangereusement proche
Cette trajectoire thermique rapproche le monde du seuil critique de +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle (1850-1900), fixé par l’accord de Paris comme limite à ne pas franchir afin d’éviter les impacts les plus dévastateurs du dérèglement climatique.
L’analyse de huit ensembles de données internationales réalisée par l’OMM indique que la température moyenne mondiale en 2025 a dépassé de 1,44 °C celle de la période préindustrielle. Deux bases de données classent l’année au deuxième rang des plus chaudes jamais observées, tandis que six autres la placent en troisième position.
Les années 2023, 2024 et 2025 composent désormais le trio le plus chaud jamais enregistré. Sur ces trois années, l’augmentation thermique moyenne atteint +1,48 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Plus largement, les onze années comprises entre 2015 et 2025 sont les plus chaudes jamais recensées dans l’ensemble des séries de données disponibles.
La température moyenne mondiale en 2025 est estimée à 15,08 °C. « Les températures élevées sur les continents comme dans les océans ont favorisé la multiplication d’événements météorologiques extrêmes, vagues de chaleur, précipitations intenses, cyclones tropicaux plus violents, ce qui souligne l’urgence de renforcer les systèmes d’alerte précoce », a ajouté Mme Saulo.
Les océans, principaux réservoirs de la chaleur excédentaire
Le réchauffement climatique ne se limite pas à la surface terrestre. Les océans, véritables amortisseurs thermiques de la planète, ont eux aussi atteint des niveaux de chaleur sans précédent en 2025, selon une étude publiée dans la revue Advances in Atmospheric Sciences.
Environ 90 % de l’excès de chaleur généré par le réchauffement climatique est absorbé par l’océan, ce qui en fait un indicateur central de l’évolution du climat mondial.
Entre 2024 et 2025, la quantité de chaleur stockée dans les 2 000 premiers mètres de l’océan a augmenté d’environ 23 ± 8 zettajoules, d’après une étude dirigée par Lijing Cheng, de l’Académie chinoise des sciences, soit l’équivalent de près de 200 fois la production mondiale d’électricité de 2024.
À l’échelle régionale, près d’un tiers de la surface océanique mondiale a connu l’une des trois années les plus chaudes jamais observées depuis 1958, tandis que 57 % figure parmi les cinq plus chaudes. Les régions les plus affectées incluent l’Atlantique tropical et austral, la Méditerranée, le nord de l’océan Indien et l’ensemble des océans de l’hémisphère Sud, esquissant une carte quasi globale du réchauffement marin.
Hamidou TRAORE
