© UNFCCC/Diego Herculano La société civile à la COP30
Par Hamidou TRAORE, tr.hamidou@gmail.com
Les Nations Unies, l’OMS et le Brésil lancent le Plan d’action de Belém, qui vise à intégrer la santé au cœur des stratégies climatiques et à réduire les inégalités dans l’accès aux soins face aux dérèglements planétaires.
Alors que les négociations se poursuivent, gouvernements, agences de l’ONU et partenaires internationaux ont entériné le Plan d’action de Belém pour la santé, un texte qui met l’accent sur la réduction des inégalités d’accès aux soins dans un monde de plus en plus exposé aux dérèglements climatiques.
Une planète en « soins intensifs »
L’adoption de ce plan coïncide avec la Journée de la santé de la COP, rappelant que la crise climatique est aussi – et de plus en plus – une crise sanitaire. « Si notre planète était un patient, elle serait admise en soins intensifs », a prévenu le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, à la veille de la conférence.
Canicules, inondations, sécheresses, tempêtes : ces événements ne relèvent plus seulement du risque environnemental. Ils favorisent les épidémies, aggravent l’insécurité alimentaire et hydrique et perturbent des systèmes de santé déjà fragilisés.
Un plan pour renforcer la résilience mondiale
Corédigé par l’OMS, l’Université des Nations Unies (UNU), plusieurs agences onusiennes et le gouvernement brésilien, le Plan d’action de Belém propose une série de mesures concrètes :
- intégrer la santé dans les stratégies climatiques nationales ;
- renforcer la capacité des systèmes de santé à résister aux chocs climatiques ;
- mobiliser financements, innovations et technologies au service de l’adaptation ;
- garantir la participation des communautés locales aux décisions.
Pour Alexandre Padilha, ministre brésilien de la Santé, ce plan marque « un moment crucial pour démontrer la force du secteur de la santé dans l’action climatique mondiale ».
Le Pavillon de la santé, nouveau carrefour d’idées
Au-delà des discussions de haut niveau, le Pavillon de la santé, coordonné par l’OMS, s’est imposé tout au long de la COP30 comme un véritable laboratoire d’idées. Intelligence artificielle, gestion des déchets, emploi, éducation, droits humains : les débats ont exploré l’ensemble de ces thématiques sous l’angle de la santé.
Ce vendredi, la scène sera consacrée à l’Alliance pour une action transformatrice sur le climat et la santé, une initiative de l’OMS destinée à accélérer la transition vers des systèmes de santé à la fois résilients et sobres en carbone.

Une avancée majeure contre le gaspillage alimentaire
Autre annonce marquante de la journée : le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a lancé une initiative mondiale pour réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2030 et diminuer jusqu’à 7 % les émissions de méthane.
Chaque année, plus d’un milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées dans le monde, générant jusqu’à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 14 % des émissions de méthane, un gaz au pouvoir de réchauffement 84 fois supérieur à celui du CO₂ sur vingt ans.
Financée par le Fonds pour l’environnement mondial, cette initiative – baptisée Food Waste Breakthrough – s’accompagne d’un projet de 3 millions de dollars sur quatre ans.
Ce que prévoit le Plan d’action de Belém
Avec ce nouveau cadre mondial, la santé devient un pilier central de l’action climatique. Le Plan d’action vise à :
- bâtir des systèmes de santé résilients, capables de faire face aux catastrophes naturelles et aux épidémies ;
- mobiliser ressources financières et technologies pour adapter les systèmes de santé et réduire leurs émissions ;
- promouvoir l’équité en donnant une véritable place aux communautés locales dans la prise de décision.
Objectif final : protéger les vies et les moyens de subsistance, tout en faisant avancer la justice climatique.
Hamidou TRAORE
